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La place Marcel-Aymé (1986)

Rue Norvins

passe-muraille 2

Jean Marais (1913-1998)

Garou-Garou, le Passe-Muraille, 1989, bronze, Paris, place Marcel-Aymé

Parisien d’adoption né à Joigny, dans l’Yonne, Marcel Aymé découvrit la capitale en 1923. Après avoir changé plusieurs fois d’adresses, il s’installa définitivement à Montmartre, rue Norvins, en 1930. A Montmartre, Marcel Aymé fréquenta Louis-Ferdinand Céline et le peintre montmartrois Gen-Paul, dont l’atelier se situait dans l’avenue Junot voisine.

bourvil garou garou

C’est dans ce quartier de Paris que Marcel Aymé plantera le décor de plusieurs de ses nouvelles, dont la plus célèbre : Garou-Garou, Le Passe-Muraille, écrite en 1943 et adaptée en 1951 au cinéma par Jean Boyer, avec Bourvil dans le rôle-titre.

Marcel Aymé intégrait parfois ses amis à l’histoire. Dans Le Passe-Muraille, c’est Gen Paul qui reconnaît le héros après sa dernière évasion de la prison de la Santé. Et à la fin du récit, c’est encore le peintre montmartrois qui « s’aventure dans la solitude sonore de la rue Norvins pour consoler d’une chanson » le pauvre Dutilleul prisonnier de la muraille qu’il avait le don de traverser.

traversee de paris

 Une autre nouvelle et un roman de Marcel Aymé devinrent des classiques du cinéma français : La Traversée de Paris (1956), de Claude Autant-Lara, avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès, sur fond de marché noir pendant l’occupation allemande ; et Uranus (1990), de Claude Berri, qui décrit les règlements de compte au lendemain de la Libération.

passe-muraille

  Située en bordure de l’ancien n° 26 (actuel n° 2) de la rue Norvins, où vécut l’écrivain, la place prit le nom de Marcel Aymé en 1986. En 1989, Jean Marais, qui occupait un vaste studio à la Folie-Sandrin, située un peu plus loin dans la même rue, réalisa la sculpture de bronze évoquant la fameuse nouvelle du Passe-Muraille.

Cette nouvelle met en scène un homme nommé Dutilleul, qui avait eu, dans sa quarante-troisième année, la révélation du don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il employa d’abord son don pour se venger de son chef de service, au ministère de l’Enregistrement. Il commit ensuite des vols dans les banques et les grandes bijouteries, qu’il signa du nom de « Garou-Garou ». Il se laissa prendre et enfermer à la Santé pour démontrer à ses collègues de bureau qu’il était bien « Garou-Garou ».

S’échappant à plusieurs reprises en passant les murailles, il rêva ensuite à voyager en Egypte. Il tomba toutefois amoureux d’une jeune femme, croisée dans la rue Lepic. Ne songeant plus à s’exiler, il vécut uniquement pour les rendez-vous amoureux que cette jeune femme lui fixait. Un jour, persuadé qu’il s’agissait d’aspirine, il prit par mégarde deux médicaments qu’un médecin lui avait prescrit pour le guérir de son étrange faculté à traverser les murs.

En quittant la maison de sa bien-aimée, il « eut [soudainement] l’impression d’un frottement inaccoutumé aux hanches et aux épaules. Toutefois, il ne crut pas devoir y prêter attention. Ce ne fut d’ailleurs qu’en pénétrant dans le mur de clôture qu’il éprouva nettement la sensation d’une résistance. Il lui semblait se mouvoir dans une matière encore fluide, mais qui devenait pâteuse et prenait, à chacun de ses efforts, plus de consistance. Ayant réussi à se loger tout entier dans l’épaisseur du mur, il s’aperçut qu’il n’avançait plus. »

 

passe-muraille détail

 La nouvelle de Marcel Aymé fournit l’une des plus belles légendes de Montmartre. A la fin de l’histoire, Dutilleul  est « comme figé dans l’intérieur de la muraille ». L’auteur prétend qu’ « [i]l y est encore à présent, incorporé à la pierre. » Et l’épilogue évoque « les noctambules qui descendent la rue Norvins à l’heure où la rumeur de Paris s’est apaisée, entendent une voix assourdie qui semble venir d’outre-tombe et qu’ils prennent pour la plainte du vent sifflant aux carrefours de la Butte. C’est Garou-Garou Dutilleul qui lamente la fin de sa glorieuse carrière et le regret des amours trop brèves. »

Jean Marais a représenté le malheureux Dutilleul prisonnier de la muraille et a donné au héros les traits de son créateur : Marcel Aymé.    

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