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Les chapelles néogothiques du cimetière de Montmartre (1842-1913)

Avenue de Montebello

chapelle Potocka

La chapelle sépulcrale de la comtesse Potocka (1845)

Les monuments funéraires du cimetière de Montmartre ont suivi les styles architecturaux du XIXe siècle : on y trouve des temples néo-classiques ou à l’antique, des chapelles néogothiques ou néo-byzantines. Le goût néogothique semble avoir majoritairement eu la préférence des familles les plus aisées sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire.

La chapelle de la comtesse Potocka, classée Monuments Historiques en 2014, constitue l’un des exemples les plus soignés. Erigée en 1845 par l’architecte Hittorff, elle se singularise par un décor sculpté et peint, rehaussé d’or (voir l’article consacré à la chapelle Potocka).

Les premières chapelles néogothiques furent érigées entre 1840 et 1870, le plus souvent en pierre de taille. Le goût néogothique persista jusqu’au XXe siècle. Plusieurs chapelles furent également bâties en ciment armé, signe de modernité et d’un coût sans doute moindre.

 

Avenue de Montmorency

S Lavallée 7

La sépulture de la famille Lavalée (12e division)

Les monuments funéraires les plus remarquables ont parfois donné le nom de leurs défunts aux avenues ou chemins situés à proximité. C’est le cas de la sépulture Lavalée, construite en 1850 sur une parcelle située entre l’avenue Travot et le chemin Lavalée. 

La silhouette élancée et le souci décoratif de cette sépulture rappellent les grands caractères de la Sainte-Chapelle du palais de la Cité. Cette chapelle adopte un plan rectangulaire, flanqué, aux angles, de quatre contreforts à pinacle. Elle s’ouvre par un portail ogival, doublé d’un arc trilobé et surmonté d’un haut pignon, dont le milieu présente un quadrilobe barbelé orné d’une tête fixée sur un décor de festons. 

S Lavalée 3   S lavallée 3

Une pleureuse et un priant

Deux petites figures sculptées (une pleureuse et un priant) ornent la base du pignon, dont les rampants sont ornés de crochets. Les façades latérales sont percées de trois baies ogivales surmontées de gâbles trilobés.

sépulture Lavalée 1850

La façade postérieure

La façade postérieure est percée d’une large baie comprenant deux lancettes surmontées d’une rosace. Deux figures dominent les pignons de la chapelle : un saint Michel à la trompette, du côté de l’entrée, et un saint Michel combattant le dragon, du côté de l’autel. La flèche est matérialisée par un petit baldaquin décoré de baies aveugles, sous un haut pinacle, sans doute autrefois terminé d’un fleuron.

S Lavallée 6

Les vitraux de la paroi postérieure

Les vitraux de la paroi postérieure représentent saint Joseph et sainte Marie sous une architecture gothique. Six autres figures décorent les fenêtres des façades latérales.

Angle des avenues de Montmorency et Travot 

sépulture godard desmarets architecte château

La sépulture de la famille Godard-Desmarest (25e division)

L’architecture de la chapelle Godard-Desmarest est très élaboré : son plan cruciforme est ambitieux et son décor sculpté, abondant. Cette chapelle fut édifiée en 1842 pour la famille de Pierre-Antoine Godard-Desmarest, qui fut l’un des propriétaires associés de la cristallerie Baccarat.

Quatre pignons opposés deux à deux matérialisent les principaux axes de la chapelle sépulcrale. Quatre piliers décorés d’arcatures gothiques et surmontés de gables à crochets et fleurons terminaux cantonnent l’édifice. Le portail ogival de la façade principale enserre une porte en fonte vitrée à la manière d’une baie gothique. Les façades latérales s’articulent autour d’un pignon central, qui coiffe une arcature gothique appuyée sur de fines colonnettes à chapiteau corinthien. L’arête des toits est hérissée d’une crête de faîtage à motifs de fleurons.

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Chimère et griffon

Un bestiaire fantastique garde l’édifice. La façade principale est placée sous la surveillance de chimères qui, fixés à la base du pignon, s’apprêtent à bondir. Des griffons présentent leur gueule ouverte à la base des quatre pinacles de la chapelle.

détail chapelle desmarets3   DSCF9843

Gargouille et chouette

Des gargouilles à tête hurlante parcourent les façades latérales, qui rejettent peut-être encore les eaux pluviales par le tuyau de plomb sortant de leur bouche. Les arcatures gothiques accueillent en outre des chouettes, symbole funéraire depuis l’antiquité, qui représente la connaissance et la survie après la mort.    

Avenue Saint-Charles

32e div avenue s charles   

La chapelle au Christ bénissant (32e division)

La chapelle au Christ bénissant, visible depuis l’avenue Saint-Charles, témoigne, malgré la désagrégation de la pierre ayant servi à sa construction, d’un décor fastueux. Les motifs floraux et végétaux qui ornaient le linteau de la porte, les chapiteaux des colonnettes et le pignon ont beaucoup souffert. En revanche, la figure majestueuse du Christ bénissant, sculptée en relief sur le tympan, se trouve dans un bon état de conservation.

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Un angelot

Les angelots fixés à la base du pignon de la porte, probablement représentés en prière, ont malheureusement perdu leur finesse : la pierre, largement rongée, s’est brisée par endroits.

Avenue Dubuisson

chapelle dubuisson

La sépulture de la famille Dubuisson (1852)

La sépulture de la famille Dubuisson, bâtie en 1852, occupe l’angle des avenues Dubuisson et Hector-Berlioz. Une grande porte ogivale, surmontée d’un arc en accolade soutenant la statue d’un ange, se détache sur l’étroite façade principale. Cette porte est encadrée de contreforts saillants et, au registre supérieur, de niches à baldaquin, fixées aux angles de l’édifice.

L’épaisse moulure d’une arcature gothique, dont les pointes se dressent entre deux rosaces trilobées, occupe le registre médian des façades latérales. Le registre supérieur est décoré d’une large frise à motifs de trèfle et couronné d’une corniche végétale.    

chapelle dubuisson détail1 avenue dubuisson division 19

L’une des deux figures des niches à baldaquin

Ces niches abritent deux figures : l’une d’elle représente peut-être saint Gaétan de Thiène, identifiable à son attribut, le cœur ailé, qu’il présente devant lui.

chapelle dubuisson détail2

Un angelot au phylactère

Chaque figure se tient debout sur des culs-de-four où sont deux angelots déroulant un phylactère, avec les inscriptions gravées CREDO IN UNUM DEUM (« Je crois en Dieu ») et SPERAVI IN TE DOMINE (« J’ai mis mon espérance en toi, Seigneur »).

chapelle avenue dubuisson division 19    chapelle avenue dubuisson division 19 (2)

La chapelle au gisant (19e division)

C’est également l’ornement sculpté qui caractérise une modeste chapelle, située dans la même avenue. La sépulture est fermée d’une simple porte forgée en arc brisé, qui se fixe dans des piliers en maçonnerie couronnés de dais surplombant des angelots ailés.

L’entablement, marqué de la locution latine ora pro nobis (« priez pour nous »), porte un tympan orné d’un large relief : on y voit l’archange Gabriel qui accueille le défunt, dont la dépouille, couverte d’un linceul, gît sur un lit. Une femme prie pour son salut ; une autre femme se cache le visage pour pleurer. Des niches architecturées encadrent cette scène centrale : elles abritent deux femmes, l’une pleurant et l’autre priant.

Avenue des Carrières

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La sépulture Sontag (23e division)

Les façades latérales des chapelles plus simples sont parfois scandées d’arcatures gothiques, formant des galeries aveugles soutenues par des colonnettes fines et élancées à chapiteau constitué de feuillage.

Chemin Troyon

chapelle Ferlat

La sépulture de la famille Ferlat (26e division)

La décoration de la sépulture de la famille Ferlat est plus simple : elle consiste en une simple moulure incisée dans la pierre. Cette chapelle, bâtie vers 1860, est percée d’une porte rectangulaire, inscrite dans un arc ogival flanqué de colonnes corinthiennes.   

 

Avenue de la Croix

S Drulin ou Brulin avenue de la croix 19e div     S Famile F Dauge

Les sépultures Drulin et Dauge (19e et 20e division)

Les quatre divisions centrales du cimetière de Montmartre situées de part et d’autre du chemin Troyon sont bordées de chapelles, les unes de style néoclassique, et les autres, de style néogothique.

L’application néogothique se borne parfois à quelques éléments significatifs : la chapelle funéraire de la famille Drulin, érigée à l’angle de l’avenue de la Croix et du chemin Artot, se caractérise ainsi par une porte ogivale, un arc trilobé et deux colonnes corinthiennes, des pinacles marquant les quatre angles de l’édifice.

La sépulture de la famille Dauge, située en bordure du chemin Troyon, sur la 20e division, est encore plus simple : la porte s’insère dans une moulure ogivale, resserrée par un arc trilobé, et les façades latérales sont éclairées par des baies qui adoptent l’arc brisé gothique. Ces deux chapelles, qui n’ont quasiment pas de décor sculpté, sont sommées d’une croix latine.

Chemin Troyon

chapelle des familles Luken et Dorn

La sépulture des familles Luken et Dorn (27e division)

Ce sont parfois les portes en fonte des chapelles néogothiques qui valent le coup d’œil pour leur caractère décoratif particulièrement soigné. Pour les plus belles portes, le registre supérieur des vantaux rappellent les lancettes étroites et élancées d’une fenêtre gothique.

La porte de la sépulture des familles Luken et Dorn reproduit, comme tant d’autres, les lancettes et la rosace trilobée d’une fenêtre ogivale, sous un tympan à remplage flamboyant. Le registre inférieur reprend, ici, le motif du trilobe inscrit dans un cercle. Ces portes sont malheureusement trop souvent rongées par la rouille et dégondées.

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La sépulture de la famille Charles Miston (26e division)

Le registre inférieur de la porte fermant la sépulture de la famille Charles Miston présente un réseau plus complexe de quadrilobes inscrits dans des losanges.

Avenue Cordier

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Diverses sépultures néogothiques

On trouve, parmi trois sépultures de l’avenue Cordier, les modèles les plus fréquents à lancettes gothiques et motifs trilobés ou quadrilobés. La sépulture Turlin et Testard possède en revanche une porte plus originale, décorée d’un relief montrant deux angelots emportant la bible et un crucifix.

Une autre chapelle de l’avenue Cordier possède une porte en planches de bois renforcée par des pentures très ouvragées et surmontée d’un tympan parcouru d’un décor en fer forgé dessinant rinceaux et initiales.   

 

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La chapelle des familles O’Brien y de Borras (27e division)

La moulure de l’arc ogival et la voussure du portail de plusieurs chapelles sont ornés de motifs végétaux (feuilles de houx, pommes de pin, feuilles de vigne et grappes de raisin…).

Le portail de la sépulture des familles O’Brien y de Borras est agrémentée de deux rangs de feuilles et de fruits de chêne. Les vantaux de la porte imitent le modèle le plus répandu de fenêtre gothique à lancettes et rosace. Le tympan est à remplage flamboyant.

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Les blasons et le vitrail de l’autel

Deux écussons armoriés sont encore visibles à l’intérieur de la chapelle, qui possède toujours le vitrail surplombant l’autel. Ce vitrail montre une Vierge couronnée sur un ciel bleu semé d’étoiles, avec l’Enfant Jésus, à qui elle présente un globe surmonté de la Croix.   

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La chapelle Mabille (29e division)

La sépulture de la famille Mabille, sans doute élevée vers 1845, est un autre témoignage du style néogothique (porte ogivale, gables, choux frisés, verrière flamboyante…), malgré une pierre noircie par la pollution.

Cette chapelle sépulcrale nous remet en mémoire le fameux « bal Mabille », fondé en 1831 par Baptiste-Jacques Mabille (1772-1845), maître de danse, sur l’actuelle avenue Montaigne, qui était alors un coin encore champêtre à l’écart de la ville. 

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A. Provost (actif vers 1835-1855)

Le Bal Mabille, vers 1850, lithographie en couleurs, New York Public Library

Agrandi et transformé en un jardin structuré et orné de pelouses et de fabriques par les deux fils Mabille, Louis-Charles (1816-1858) et Victor (1821-1863), l’établissement devint un lieu de divertissement public, éclairé par de nombreux becs de gaz et par conséquent ouvert en soirée.

C’est au « Bal Mabille », et non au Moulin-Rouge, que le célèbre Cancan fut introduit et présenté pour la première fois. Ce célèbre rendez-vous festif du Second Empire, frappé par un obus pendant la Commune de Paris, ferma ses portes en 1875 et disparut en 1882. 

Avenue Circulaire

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La sépulture Durand-Ruel (24e division)

Une chapelle néogothique assez semblable, plus simplement décorée mais en bien meilleur état, forme la dernière demeure du célèbre collectionneur et marchand d’art, Paul Durand-Ruel (1831-1922). Fils d’un fournisseur de matériel d’art, devenu marchand de tableaux, et de Marie-Ferdinande Ruel, Paul s’occupa de la galerie de son père, rue Le Pelletier, avant d’ouvrir sa propre galerie, rue Laffitte.

Dans cette rue connue pour être celle des experts et des marchands de tableaux, il fut l’ardent défenseur de la nouvelle peinture incarnée par les peintres issus du groupe des impressionnistes, auxquels il apporta un soutien moral et financier. Paul Durand-Ruel mourut le 5 février 1922, dans son appartement de la rue de Rome.

La sépulture familiale, bâtie entre 1856 et 1892, est fermée d’une large porte vitrée à armature en fer forgé. Son portail ogival est surmonté d’un grand pignon triangulaire, marqué d’un quadrilobe barbelé à motif végétal. Les voussures du portail et l’arc trilobé, dont les pointes se terminent en choux frisés, s’appuient sur les chapiteaux corinthisant de quatre colonnes fines et élancées. Les piliers d’angle se terminaient autrefois en pinacle et le grand pignon était probablement surmonté d’une croix latine. 

Chemin Troyon

S Thiout et de Sarret de brozuil 3 division 26    S Thiout et de Sarret de Brozuil 1

La sépulture des familles Thiout et de Sarret de Grozon (26e division)

Les vitraux des chapelles néogothiques du cimetière de Montmartre reprennent les modèles de la Renaissance italienne et de la peinture religieuse du XVIIe siècle, et bien sûr ceux de l’art médiéval.

L’architecture très ordinaire de la sépulture des familles Thiout et de Sarret de Grozon, édifiée vers 1866, renferme l’un des plus beaux vitraux du cimetière de Montmartre : il représente, autour d’un écusson armorié, une Vierge à l’Enfant et quatre anges musiciens. Il serait souhaitable que ces petits éléments décoratifs soient, d’une manière ou d’une autre, protégés et préservés.

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Les vitraux d’autel de trois chapelles : Baudet (32e division), Lami (2e division) et Haurie-Boitte (28e division)

La Vierge à l’Enfant est sans aucun doute le thème le plus représenté dans les vitraux d’autel des chapelles néogothiques. Marie, coiffée d’un voile, couronnée et nimbée, porte le plus souvent un manteau bleu, au-dessus d’une robe rouge ou blanche, l’un ou l’autre ourlé d’un galon brodé d’or ou d’argent.

La Vierge de la sépulture Baudet, au hiératisme byzantin, se tient sous une arcade trilobée et serre un sceptre fleurdelisé dans la main droite. Le vitrail surplombant l’autel de la sépulture d’Augustin Lami se détache en revanche sur un paysage peint en grisaille, dans lequel se distingue villages et bourgs, dominés par le clocher d’une église. La Vierge est ici une jeune femme au beau visage, qu’elle incline pour contempler son fils.

Jésus est, selon l’usage, nimbé d’une auréole cruciforme. Il est représenté nu ou vêtu d’une tunique blanche, bénissant le monde, comme on peut le voir sur les vitraux des sépultures Baudet et Lami. Sur le premier vitrail, l’Enfant serre la colombe du Saint-Esprit contre sa poitrine et sur l’autre, il pose la main sur un globe surmonté de la croix. Sur le vitrail de la chapelle Haurie-Boitte, Jésus manipule un petit crucifix, objet emblématique de son sacrifice.

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Le vitrail d’Autel de la sépulture de la famille Hache (21e division)

Les épisodes de la Vie de la Vierge sont également un sujet de choix pour les vitraux d’autel : la sépulture de la famille Hache représente par exemple l’Assomption de la Vierge. Marie, vêtue d’un manteau bleu et d’une robe immaculée, paraît sous une arcade gothique, les bras croisés sur sa poitrine. Elle se tient sur un croissant de lune, symbole du dogme de l’Immaculée conception. Sa figure, qui se détache sur une nuée, s’élève dans le ciel, accompagnée de têtes d’angelots ailés. La Vierge lève les yeux vers le ciel, figuré par un rayonnement doré.  

tombes familles aviragnet et moreau    vitrail aviragnet et moreau2

La sépulture des familles Avignaret et Moreau (26e division)

La sépulture des familles Avignaret et Moreau, élevée vers 1866, mérite également le coup d’œil pour ses vitraux. Sur les façades latérales, ils montrent les lettres entrelacées « AM » pour « Avignaret Moreau » sur un fond bleu azur.

vitrail aviragnet et moreau1

saint Jacques

Le vitrail de l’autel représente probablement saint Jacques dans un paysage montagneux, la bible serrée contre sa poitrine. Le saint, muni d’un bâton de pèlerin, avec sa calebasse, désigne le ciel.

Chemin Saint-Eloi

15e div derrière chem s eloi 2    chapelle bidault je crois

La sépulture de la famille Bidault (14e division)

Sur une division étroite, au sud du cimetière, se dresse une petite chapelle, dont le portail se signale par une frise végétale, reliée à la figure d’un ange aux grandes ailes représenté en prière. Elle renferme un vitrail à thème narratif particulièrement soigné et signé DOUCET A PARIS. Ce vitrail représente la Vierge, l’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste. Cette scène est associée au médaillon à l’effigie de la défunte.

Avenue circulaire

chapelle au vitrail de Saint-Louis     chapelle au vitrail de Saint-Louis 2

La sépulture Brou-Dutreuil (24e division)

L’aspect extérieur de la sépulture Brou-Dutreuil, bâtie vers 1857, n’est pas sans intérêt. Les vantaux de la porte sont à damiers et motifs de tiges feuillues et le tympan ogival qui la surmonte, à remplage flamboyant. Le portail, flanqué de fines colonnettes, est couronné d’un arc en accolade, sur la pointe duquel se tient un ange doté de grandes ailes, représenté en prière. Deux anges au désespoir se lamentent sur les rampants de l’arc en accolade.

C’est toutefois les vitraux des façades latéraux qui attirent l’attention par leur caractère atypique : ils représentent les figures de Louis IX, roi de France, communément appelé « Saint Louis », et de saint Pierre. 

Avenue de Montebello

famille brebion avenue de montebello 4e div

Sépulture de la famille Brebion (4e division)

A l’autre extrémité du cimetière de Montmartre, la sépulture de la famille Brebion passerait également inaperçue si elle n’abritait pas un beau vitrail d’autel, représentant le Christ en croix sur le Mont Golgotha.

Avenue des Carrières

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Sépulture des familles Danolin, Razy et Guette (23e division)

Un peu plus loin, la sépulture des familles Danolin, Razy et Guette renferme également un beau vitrail d’autel à thème narratif, inscrit dans un oculus. Il représente une scène de l’enfance de Jésus : La Fuite en Egypte, d’après l’Evangile selon saint Mathieu. On y voit Joseph, menant l’âne sur lequel sont installés la Vierge et l’Enfant. 

chapelle de Joséphine de Bourbon  chapelle Joséphine de Bourbon 2

La sépulture de Joséphine de Bourbon (29e division)

Les chapelles en ciment armé sont évidemment d’un aspect plus frustre et austère, mais certaines d’entre elles méritent d’être mentionnées.

La sépulture de Son Altesse Royale la princesse Joséphine de Bourbon (1827-1910), bâtie en 1910, porte une couronne fermée et sommée de la croix, au-dessus d’un grand écusson aux armes de la défunte. Le chiffre « JB » pour « Joséphine Bourbon » est appliqué dans les angles inférieurs du pignon de la chapelle. 

L’état d’abandon de cette chapelle est assez surprenant pour une défunte de cette qualité. Josefina Fernanda de Borbon y Borbon-Dos Sicilias, Infante d’Espagne, fut une femme libre et indépendante, qui ne se laissa rien imposer. Elle fut déchue de ses titres lorsqu’elle épousa secrètement José Güell y Renté (1818-1884), journaliste, en 1848. Le couple, contraint à l’exil en France pendant quatre ans, rentra ensuite en Espagne et s’installa à Valladolid. Réhabilitée en 1855 par la reine Isabel II, la princesse passa toutefois les derniers moments de sa vie à Paris, loin de la cour d’Espagne. 

Avenue Hector-Berlioz

tombe famille charles perrissin


 La sépulture de la famille de Charles Perrissin (26e division)

Ce n’est pas le soin apporté à l’architecture ni la présence d’armoiries qui distingue la sépulture de la famille de Charles Perrissin, bâtie vers 1913, mais son vitrail d’autel. On y voit un Christ bénissant, nimbé de son auréole cruciforme, à la manière du Christ pantocrator byzantin.

Chemin Troyon / Avenue du Tunnel

baldaquin gothique division 26    DSCF9839

Sépulture anonyme en forme de baldaquin et la sépulture Gardinier

Le style néogothique ne se traduit pas uniquement par l’édification d’une chapelle fermée. C’est un baldaquin qui se dresse par exemple au milieu de la 26e division : ce type de construction, issu de l’architecture religieuse, est un dais pyramidal, posé ici sur quatre piliers à chapiteau corinthien et coiffant la table de l’autel, elle-même appuyée sur de petites colonnes. Cet ouvrage est solidaire d’une clôture en maçonnerie, ornée d’arcades ogivales et fermée d’une grille en fer forgé.

Des sépultures se composent plus simplement d’une pierre tombale et d’une stèle architecturée ou simplement sculptée d’arcs gothiques. La stèle ogivale de la sépulture Gardinier (22e division), surmontée d’un pignon à méandres, est particulièrement soignée : elle se dresse entre deux colonnes torses, qui soutiennent de petites niches à baldaquin et des galeries à arcades coiffées de hautes toitures coniques à fleurons.   

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